Pourquoi la présence de SST est une obligation et un enjeu de sécurité ?
Le sauveteur secouriste du travail (SST) est un salarié formé pour intervenir face à une situation d’urgence, un malaise, un accident ou encore une blessure, et pour contribuer à la prévention des risques dans l’entreprise. Sa présence s’inscrit dans l’organisation des secours et dans l’obligation générale de l’employeur de protéger la santé et la sécurité des salariés.
Au-delà de la conformité, un dispositif SST bien organisé améliore la réactivité en cas d’incident, limite la gravité des conséquences et renforce la culture de prévention sur le terrain, en particulier dans les équipes exposées à des risques métiers.
Que dit le Code du travail sur les formations SST ?
Une obligation d’organiser les secours
Le Code du travail impose à l’employeur de prendre, après avis du médecin du travail, les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours aux accidentés et aux malades, en lien avec les secours extérieurs, et en adaptant l’organisation à la nature des risques.
Le texte n’impose pas systématiquement un nombre précis de SST dans toutes les entreprises. En revanche, il impose une organisation des secours et des moyens adaptés, ce qui revient à une obligation de résultat en matière d’efficacité du dispositif (alerte, intervention, matériel, coordination).
Travaux dangereux : un minimum réglementaire
Le Code du travail prévoit, a minima, la présence d’un salarié ayant reçu la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux et sur certains chantiers du BTP (au moins 20 travailleurs pendant plus de 15 jours) où sont réalisés des travaux dangereux.
Il est également important de noter que le Code du travail ne rend pas obligatoire, par principe, une formation “SST” nominativement, mais exige une formation de secouriste adaptée.
En pratique, la formation SST est souvent retenue car elle intègre la dimension secours et prévention.
Combien de SST faut-il dans une entreprise ?
La question “combien de SST en entreprise ?” n’a pas de réponse unique applicable à tous mais il est recommandé d’avoir 1 SST pour 20 employés dans les milieux à faible risque et 1 SST pour 10 employés dans les milieux à haut risque.
En dehors des cas spécifiques liés aux travaux dangereux, le bon dimensionnement dépend de l’organisation des secours, des risques et de la capacité à garantir une intervention rapide sur chaque zone et chaque créneau.
L’objectif est simple : éviter les zones et horaires sans personne formée, et limiter le temps de réponse en cas d’urgence.
Les critères à prendre en compte
Pour définir un nombre cohérent de SST, plusieurs critères doivent être analysés :
- La taille des équipes : effectifs par service, densité de présence simultanée
- La répartition géographique : multisites, étages, ateliers isolés, chantiers
- Les risques métiers : manutention, machines, chimie, travail en hauteur, circulation d’engins
- Les horaires décalés : équipes de nuit, week-end, astreintes
- L’isolement : postes seuls, interventions hors site, déplacements
En pratique, beaucoup d’entreprises retiennent une logique de “SST disponibles par zone et par équipe”, plutôt qu’un ratio global unique.
Quelles sont les erreurs fréquentes des entreprises dans l’organisation SST ?
Une présence insuffisante sur le terrain
Certaines organisations reposent sur un seul SST “référent” pour l’ensemble du site, sans couverture réelle sur les ateliers, les équipes ou les horaires décalés. Cette approche ne garantit pas une capacité d’intervention rapide, surtout lorsque l’activité est répartie sur plusieurs zones.
Une autre erreur fréquente est l’absence de SST sur certains créneaux, notamment tôt le matin, le soir ou en période de congés. Cela fragilise l’organisation des secours et doit être anticipé par la planification.
Des SST non maintenus à jour
Le certificat SST doit être maintenu et actualisé régulièrement. L’INRS indique un maintien et actualisation des compétences tous les 2 ans, d’une durée minimale de 7 heures.
Lorsque les recyclages ne sont pas réalisés, le dispositif se fragilise : perte de réflexes, manque de mise à jour des procédures et difficultés à prouver la continuité des compétences.
Comment structurer un dispositif SST efficace ?
Partir d’une analyse de risques formalisée
Un dispositif SST solide commence par une cartographie des risques et une organisation cohérente des moyens de secours. L’évaluation des risques et leur formalisation dans le document unique (DUERP) sont au cœur de la démarche de prévention.
Cette base permet de décider où positionner des SST, quels services prioriser et comment organiser l’alerte.
Organiser la disponibilité et la coordination interne
Une organisation efficace s’appuie sur une planification des rotations en identifiant les SST présents par équipe et par créneau (jour, nuit et éventuellement le week-end) et prévoir des relais en cas de congés ou d’absences. Par exemple un tableau “SST titulaire / SST suppléant” par zone peut être établit.
Elle repose aussi sur une procédure d’alerte simple et connue pour savoir qui appelle les secours, quelles informations sont à donner (adresse, accès, nature de l’accident) et qui prévenir en interne.
Enfin, le guidage des secours doit être anticipé par une personne désignée qui attend à l’entrée, ouvre les accès (portail, badge) et accompagne jusqu’au lieu de l’incident pour réduire le temps d’intervention. Le dispositif doit être formalisé et suivi avec le CSE et les acteurs prévention pour rester opérationnel dans la durée.
SST en entreprise : une obligation légale et une responsabilité humaine
La réglementation impose d’organiser les premiers secours et, dans certains cas de travaux dangereux, de disposer de secouristes formés. Au-delà de l’obligation SST au sens du Code du travail, l’enjeu est de construire un dispositif réaliste, couvrant les risques et les horaires, avec des compétences maintenues à jour.